Collections


Ethnologie

Objets précolombiens, cultures de Colima, de Nayarit ou de Diquis, civilisations olmèque, aztèque et maya : en tout, une centaine d’objets provenant principalement d’Amérique latine pour une collection qui se caractérise par la variété et la complémentarité de ses thèmes

Chamanisme et rituels initiatiques sont les deux thèmes qui structurent la collection ethnologique de la Fondation Gandur pour l’Art, à travers les cultures de l’Amérique latine et de l’art tribal océanien. Cette collection reflète la fascination de la vieille Europe à l’égard des mondes nouveaux.

Archéologie précolombienne

L’archéologie précolombienne s’illustre dans des objets qui évoquent à merveille la diversité des cultures qui se sont développées en Mésoamérique et en Amérique du sud, du troisième millénaire avant n. è. à l’arrivée des Conquistadores. Les cultures Colima, Nayarit, Diquis (pour n’en citer que quelques-unes), les civilisations olmèque, aztèque et maya d’Amérique centrale ainsi que les cultures andines des Incas et des Mochicas en Amérique du sud, sont bien représentées – en plumes, tumbaga, terre cuite et dans toute une série de pierres colorées. La collection se caractérise par la variété des thèmes qu’elle aborde et qui reflètent des cultures à l’imaginaire puissant, où la faune est omniprésente. Tout un peuple de singes – ici sur un pectoral d’or, là sur une plaque de jade –, de batraciens, d’oiseaux, de fauves (particulièrement le jaguar), de reptiles et d’animaux hybrides, comme le célèbre coyote plumé, a ainsi au fil du temps élu domicile dans la collection.

Vase-sifflet représentant un guerrier
Métate cérémoniel en forme de jaguar

La collection est aussi riche d’images de simples mortels, mais qui n’en sont pas moins représentatives de leur culture : l’être humain s’y fait bijou, vase ou sifflet, et le chamane, surpris en pleine métamorphose, devient jaguar ou chouette.

Tous ces objets témoignent des préoccupations de l’homme qui, fragile devant la nature, s’assure l’appui de dieux redoutables, avides de sang, par la médiation de rituels complexes, comme le jeu de balle maya. Ils évoquent aussi, parfois avec humour, son quotidien.

Art tribal océanien

Ces artefacts venus de toute l’Océanie sont parfois arrivés en Europe par l’intermédiaire de grands voyageurs européens qui sillonnèrent les mers du Sud dès le milieu du XIXe siècle… Ainsi, par exemple, la conque d’appel rapportée par le contre-amiral Abel Aubert du Petit-Thouars, en mission aux Marquises de 1841 à 1846.

Témoins de la fascination que les Européens éprouvaient pour eux, les objets de la collection sont aussi porteurs de rêves : qu’il s’agisse de masques d’esprits de la forêt ou d’animaux totems, de sceptres de chefs ou de spatules à chaux, tous évoquent un monde étrange et étonnant, celui de peuples redoutables de la fin du XIXe siècle.

Masque Baining (Kavat)

Dr Isabelle Tassignon
Conservatrice des collections Archéologie et Ethnologie