L'Œuvre du mois


février 2021 Ethnologie

Attention aux Vampires

La pandémie que nous avons connue a mis en lumière le rôle d’un animal peu enclin à se mettre sous les feux des projecteurs : la chauve-souris, particulièrement dans sa version suceuse de sang… Un animal qui joue un rôle capital dans l’imaginaire. Ces quelques pages, un peu gore, sont consacrées à un petit bijou de tradition Diquis qui illustre une fois encore le sens de l’observation des artistes, – ici des orfèvres – et la prégnance de l’intrigant et merveilleux monde animal qui les entourait, en dépit de relations qui pouvaient être difficiles.

Pendentif en forme de chauve-souris vampire
Costa Rica, Diquis, XIIIe – XVIe siècle après J.-C.
Or
4,6 x 3,9 x 1,5 cm
FGA-ETH-AM-0230

PROVENANCE
Galerie Heidi Vollmœller, Zürich
Puis collection Madame D. Genève, 1991
Acquis à l’Hôtel des Ventes Piguet, à Genève, le 21.05.2019, lot n° 377

Un Desmodus rotundus à la Fondation Gandur pour l'Art

L’objet qui va nous occuper est un pendentif en or coulé, produit par les orfèvres d’Amérique Centrale ; il s’inscrit dans la production de tradition Diquis, culture du Costa Rica, et peut être daté d’une période allant du XIIIe au XVIe siècle de notre ère (fig. 1).

Fig. 1: FGA-ETH-AM-0230 © Fondation Gandur pour l’Art, Genève. Photographe : Thierry Ollivier.

Comme l’axolotl placé sous la loupe il y a quelques mois, cet objet est minuscule : il n’en est pas moins plein d’une force qui tient à l’art avec lequel les orfèvres ont saisi les traits essentiels de l’animal. Il s’agit d’un pendentif pourvu d’un anneau de suspension dans le dos (fig. 2). Il représente une chauve-souris en vol, de face, ailes éployées. Hautes oreilles arrondies, nez en feuille, yeux en billes, grande bouche largement ouverte sur une rangée de grandes dents pointues : voilà notre animal, un mélange de fantaisie et de traits assez justement observés. À ses pattes antérieures dressées sont accrochées des ailes symétriques, en faucilles, formant autour du chiroptère une espèce de corolle. Corps de face, petits seins ronds suggérant peut-être qu’il s’agit d’une femelle, pattes arrière écartées, elle repose sur des pieds à quatre doigts, entre lesquels pend une petite queue triangulaire.

Fig. 2: FGA-ETH-AM-0230, arrière © Fondation Gandur pour l’Art, Genève. Photographe : Thierry Ollivier.

Tel est le portrait de notre Desmodus rotundus. Appelée Vampire commun ou Vampire d’Azara, cette chauve-souris hante les cieux et les mythes d’Amérique Centrale (fig. 3). Elle y est chez elle depuis le Pléistocène, puisque des ossements fossiles de ces Vampires, de plus grandes dimensions toutefois, ont été trouvés sur divers sites1. Un animal tout droit venu de la préhistoire, en quelque sorte.

Fig. 3 : Carte de distribution de l’espèce Desmodus Rotundus
Fig. 4 : Desmodus Rotundus © Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photographe : Uwe Schmidt.

Vie et mœurs du Vampire

Commun, le Vampire ? Non… Il cumule une série de particularités qui en font un être unique en son genre (fig. 4). D’abord parce qu’il se nourrit exclusivement de sang, et non de fruits, de chair ou d’insectes. C’est ainsi le seul mammifère parasite au sens propre du terme. Ensuite, parce que c’est l’unique chiroptère qui est aussi à l’aise sur terre que dans les airs. Il vole dans la nuit, mais se déplace également au sol, sur ses pattes arrière, en marchant, en courant ou en faisant des bonds ; parfois, pour plus d’efficacité, le Vampire combine saut et vol.

Et ses dents ? Elles sont peu nombreuses, mais très efficaces car l’absence d’émail les rend extrêmement coupantes2. Son nez plissé, en feuille, formant des bourrelets au-dessus de ses narines, ses oreilles aux larges pavillons et ses yeux lui donnent une grande acuité visuelle, auditive et olfactive. Il voit dans le noir, comme certains rongeurs nocturnes. Comme d’autres chiroptères, il use de l’écholocation pour repérer ses proies, en émettant en vol des sons basse fréquence, et en attendant que l’écho des sons sur l’obstacle revienne à ses grandes oreilles3. Les puissantes odeurs naturelles dégagées par certaines de ses futures victimes jouent aussi un rôle dans le choix qu’elle fera4.

Une fois ses cibles repérées, qu’elles soient domestiques ou sauvages (bétail, cochons sauvages, daims, tapirs, …), le Vampire s’y attaque alors : des capteurs de chaleur, situés dans son nez, lui permettent de détecter les vaisseaux sanguins qui affleurent sous la peau de sa proie. Il entaille de ses dents, coupantes comme des lames de rasoir, la peau des animaux, pour en faire jaillir le sang et s’en délecter, au cours d’agapes pendant lesquelles plusieurs chauves-souris peuvent venir s’alimenter successivement à la même plaie5 (fig. 5).

Fig. 5 : Desmodus Rotundus en train de s’alimenter.

Réservoir à microbes

Sa salive contient une enzyme qui évite que le sang coagule trop vite : une salive par ailleurs riche en virus de toutes sortes avec lesquels la chauve-souris vit en parfaite symbiose. Parmi ces virus, il y a les coronavirus de sinistre réputation et le virus de la rage, qu’elle peut communiquer, par sa morsure, aux hommes et aux animaux6. Ceux-ci peuvent ensuite le transmettre à ceux qui vivent de la chasse, aux chiens et aux chasseurs, et dans le cas du bétail, à ceux qui vivent à sa proximité. On rapporte même quelques cas d’archéologues mordus par le Vampire7… Malgré sa jolie fourrure et son sourire ravageur, avouons que le Vampire n’y met pas du sien pour assurer sa survie.

Fig. 6 : Une mère et son petit © Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photographe : Uwe Schmidt.

Est-il bon, le goût du sang ?

C’est la femelle qui apprend à son petit le goût du sang : il est nourri pendant 300 jours au lait maternel, mais dès son deuxième mois, elle lui donne aussi du sang régurgité qu’elle lui transmet par bouche-à-bouche. Ce nourrissage maternel va de pair avec le développement de la capacité du petit à voler. Dès son quatrième mois de vie, le jeune accompagne sa mère sur la proie8, comme une promesse des festins qu’il y fera plus tard (fig. 6). « Est-il bon, chers mangeurs, est-il bon, le goût du sang ? » « Doux. Doux ! tu ne sauras jamais comme il est doux, herbivore ! » : ces vers, le poète Norge aurait décidément pu les mettre dans la bouche ensanglantée d’un Vampire9

« Est-il bon, chers mangeurs, est-il bon, le goût du sang ? » « Doux. Doux ! tu ne sauras jamais comme il est doux, herbivore ! » 

Cet animal charmant, si étonnant et si complexe, dont les zoologistes et les éthologues peuvent aujourd’hui expliquer rationnellement tous les comportements, devait effrayer, ou à tout le moins intriguer ceux qui le côtoyaient et en subissaient les désagréments.

 

Inclassables chauves-souris

Vaste sujet que celui des chauves-souris dans l’Amérique précolombienne. Les Mayas classaient les chauves-souris (Sotz, dans les langues mayas) non parmi les mammifères, mais parmi les oiseaux10, raison pour laquelle on les gratifie d’une queue d’oiseau. Frugivores, carnivores, insectivores ou hématophages, elles ont, dans l’imagerie et dans les mythes, des rôles différents qui varient en fonction de leur nature. C’est donc un animal polysémique, tantôt connoté positivement, tantôt négativement. Bénéfique, la chauve-souris pouvait remplir des fonctions de messagère des dieux ; c’était aussi un être divin chargé de la pollinisation et la fertilisation, associée alors au colibri11.

Maléfique, elle est très intimement liée au monde de la sorcellerie12. L’espèce concernée est alors précisément le Desmodus rotundus, qui n’a pas cessé de tourmenter les hommes. Ainsi, au Guatemala, la tradition populaire en faisait des sorciers dont l’apparition, chez soi, était un signe de mort, un présage à mettre en lien avec la rage et les autres maladies dont ces animaux sont vecteurs13. Dans le récit maya du Popol Vuh, le Camazotz (la « chauve-souris de la mort ») est une divinité de la mort, qui décapite un des héros. Animal nocturne, le Vampire a donc aussi très naturellement une connotation funéraire sur laquelle je reviendrai.

La question est maintenant de savoir quelle place les Amérindiens lui réservèrent dans leur pensée mytho-poétique.

Au temps où « les animaux étaient des hommes »

Ce temps-là, c’est le temps des mythes chers à Claude Lévi-Strauss, des récits racontés par les Indiens aux missionnaires et aux ethnographes. Ces récits mythiques expliquaient l’histoire avant l’histoire, en quelque sorte « le comment du pourquoi » du monde des Indiens. Le Vampire y endosse des rôles tout à fait inattendus, au même titre qu’une série d’animaux comme le jaguar, la raie, la chouette, le singe ou l’alligator… Ainsi, très curieusement, le Vampire est associé au rire et au sang dans des mythes qui racontent peu ou prou la même histoire, et que l’on rencontre dans diverses populations d’Amérique Centrale et du Sud telles que les Arawaks, les Bororos, les Kayapos, les Apinayés, …

Mais que s’agissait-il d’expliquer ici ? La raison pour laquelle les Vampires et les hommes sont pour toujours des ennemis mortels et pourquoi les premiers se vengent en harcelant inlassablement les seconds.

Le Vampire est ainsi la cause du premier fou rire chez l’homme : non un rire de joie, mais un rire létal, méprisé du guerrier indien

De funestes fous rires

Le Vampire est ainsi la cause du premier fou rire chez l’homme : non un rire de joie, mais un rire létal, méprisé du guerrier indien, « considéré indigne de sa position » et « tout juste bon pour les femmes et les enfants »14. Voici, en résumé, comment un mythe Kayapo (Amazonie) raconte la rencontre d’une chauve-souris humanisée et d’un homme. Ignorant le langage des hommes, elle lui manifeste sa sympathie en le caressant de ses petits doigts griffus, ce qui a pour effet de le chatouiller et de le faire rire. Une fois l’homme arrivé dans sa grotte – un gîte au sol jonché de déjections, mais aux parois pleines de peintures rupestres –, ses congénères chauves-souris l’accueillent en se livrant aux mêmes caresses avec leurs doigts aux ongles tout aussi aiguisés. Ces chatouillements amènent l’homme au paroxysme du rire, à un point tel qu’il en perd connaissance. Ce rire-là, suscité de manière mécanique, n’a rien de drôle, ni de sain. C’est un rire de funestes augures.

Le mythe se poursuit en racontant l’expédition punitive des hommes dans la grotte, l’enfumage du gîte des chauves-souris qui se sauvent par une sortie dérobée. Ainsi, chauve-souris vampires et hommes seront-ils à tout jamais des ennemis inconditionnels. Une autre version Arawak explique qu’à titre de vengeance, les chauves-souris vampires iront sucer le sang de leurs victimes animales ou humaines15.

 

Le Vampire a du sang sur les pattes

Un mythe Aguaruna fait naître le premier Vampire du sang de la famille du démon Aétsasa, massacrée par les Indiens, que le démon décapitait16, tandis que dans un mythe Apinayé, ennemis des hommes, les Vampires sont les seuls à détenir des haches cérémonielles de pierre, dont ils se servent pour leur fendre le crâne17 : de cette ouverture brutale coulera le sang. Ainsi est atteint l’objectif du mythe : expliquer pourquoi les chauves-souris vampires font jaillir le sang pour s’en nourrir. Chez les Kogi, en Colombie, on attribuait symboliquement les règles des femmes à la morsure d’une chauve-souris vampire. « Est-ce que la chauve-souris t’a mordue ? » constituait une façon détournée de demander à une femme si elle était indisposée18.

 

Il dort tête en bas dans un endroit creux

Car non seulement le Vampire ne parle pas le langage humain, mais il fait tout à l’inverse des hommes : il dort le jour, suspendu par les pattes au plafond de son gîte, qui, dans les mythes, est toujours un endroit creux et sombre, mais riche en trésors. Il peut s’agir d’une petite grotte sale mais tapissée de peintures rupestres, d’une caverne où les Vampires gardent de précieuses haches et des parures, ou encore d’un arbre creux au tronc renflé, où ils cachent les têtes coupées d’hommes dont ils ont triomphé19. S’en prend-t-on à eux en enfumant leur abri ? Ils s’en échappent par une issue connue d’eux seuls et invisible des hommes, située au sommet de leur gîte.

Fig. 7 : Divinité chauve-souris, Codex Vaticanus B, d’après BRADY, COLTMAN, « Bats », p. 230, fig. 2 b.

Et il voit dans l’obscurité

Un abri confiné et sombre, où les Vampires jouissent des trésors qu’ils sont les seuls à voir grâce à leur faculté à se repérer dans les ténèbres : tel est leur logis, l’endroit où ils se sentent à l’aise. Cette faculté a retenu, autant que son goût pour le sang, l’imaginaire des hommes. Ainsi, sur plusieurs vases mayas, une divinité chauve-souris vampire tient dans ses mains des têtes coupées dégoulinantes de sang (ici, sur le Codex Vaticanus B, fig. 7). Ses ailes sont ornées de multiples yeux, allusion probable à sa faculté de voir dans les ténèbres, et par extension, dans les ténèbres de l’Au-delà20.

Fig. 8 : Ornement en forme de chauve-souris, or, Diquis, Metropolitan Museum, inv. 66.196.17 © Metropolitan Museum.
Fig. 9 : Pendentif en forme de chauve-souris, tumbaga, Sinu, Boston, Museum of Fine Arts, inv. 1975, 221 © Museum of Fine Arts, Boston.

Qu’attendre d’un bijou en forme de chauve-souris vampire ?

Retrouvons notre pendentif. Cet objet provient, comme tous les autres pendentifs en or et en tumbaga, qui peuplent les musées du monde entier, d’une tombe. Ce bijou a orné la dépouille du défunt dans son séjour outre-tombe. Nombreux sont les pendentifs de tradition Diquis (fig. 8), Sinu (fig. 9), Chiriqui ou Tairona (fig. 10), qui représentent des chamanes en cours de transformation en chauve-souris vampire ; la chauve-souris plus animale qu’humaine, comme la nôtre, semble plus rare21. De l’animal, les artistes accentuent souvent les dents, les yeux globuleux et le nez en feuille, ainsi que les ailes, ces deux derniers éléments pouvant être interprétés de manière plus ou moins fantaisiste22.

Sachant que l’animal était censé voir dans l’obscurité, on peut se demander si sa fonction n’était pas de guider le défunt dans la noirceur de l’inframonde. Ainsi, l’ingéniosité humaine a-t-elle habilement tiré parti d’une particularité que possédait cet animal mystérieux, mais assez peu sympathique.

 

Dr Isabelle Tassignon
Conservatrice de la collection ethnologie
Fondation Gandur pour l’Art, février 2021

Fig. 10 : Grelot à tête de divinité chauve-souris, tumbaga, Tairona, Walters Art Museum, inv. 57.2288 © Creative Commons, The Walters.

Notes et références

  1. Greenhall et al., « Desmodus », p. 1.
  2. Greenhall et al., « Desmodus », p. 4.
  3. Greenhall et al., « Desmodus », p. 2-3.
  4. Bahlmann, « Use of olfaction », pass.
  5. Greenhall et al., « Desmodus », p. 4.
  6. Brown, Vampiro, p. 68-73.
  7. Brown, Vampiro, p. 63.
  8. Greenhall et al., « Desmodus », p. 3.
  9. Géo Norge, « La faune ».
  10. Lois, « Gender Markers », p. 273. Le même embarras à classer ces mammifères volants caractérise la pensée occidentale. Ainsi pour Pline (Histoire naturelle, X, 83), la chauve-souris est-elle un oiseau, le seul qui soit vivipare : Tupinier, « Les tribulations », p. 26.
  11. Brady, Coltman, « Bats », pass.
  12. Brady, Coltman, « Bats », pass. ; Velásquez García, « New Ideas… », p. 17.
  13. Brady, Coltman, « Bats », p. 233-234 ; Brown, Vampiro, p. 93.
  14. Banner, « Mitos », p. 60-61 ; Lévi-Strauss, Le cru et le cuit, p. 130-131.
  15. Brown, Vampiro, p. 93.
  16. Lévi-Strauss, Du miel aux cendres, p. 329.
  17. Lévi-Strauss, Le cru et le cuit, p. 131.
  18. Lévi-Strauss, Du miel aux cendres, p. 329.
  19. Lévi-Strauss, Le cru et le cuit, p. 131.
  20. Brady, Coltman, « Bats », p. 230.
  21. King, « Gold », p. 50-51.
  22. King, « Gold », p. 52-53.

Bibliographie

Bahlmann, Joseph W., « Use of Olfaction During Prey Location by the Common Vampire Bat (Desmodus rotundus) », Biotropica 39, 2007, p. 147-149.

Banner, Horace, « Mitos dos Índios Kayapó », Revista de Antropologia 5, 1957, p. 37-66.

Brady, James E., Coltman, Jeremy D., « Bats and the Camazotz: Correcting a Century of Mistaken Identity », Latin American Antiquity 27, 2016, p. 227-237.

Brown, David E., Vampiro: The Vampire Bat in Fact and Fantasy, High-Lonesome Books, Silver City, 1994.

Greenhall, Arthur M., Joermann, Gerhard, Schmidt, Uwe, Seidel, Michael R., « Desmodus rotundus », Mammalian Species 203, 1983, p. 1-6.

King, Heidi, « Gold in Ancient America », The Metropolitan Museum of Art Bulletin, 59.4, 2002, p. 5-55.

Lévi-Strauss, Claude, Mythologiques I. Le cru et le cuit, Paris, Plon, 1964.

Lévi-Strauss, Claude, Mythologiques II. Du miel aux cendres, Paris, Plon, 1966.

Lois, Ximena, « Gender Markers as ‘Rigid Determiners’ of the Itzaj Maya World », International Journal of American Linguistics 64, 1998, p. 224-282.

Tupinier, Yves, « Les tribulations des chauves-souris à travers les classifications », Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, Hors-série n° 1, 2009, p. 26-40.

Velásquez García, Erik, « New Ideas about the Wahyis Spirits Painted on Maya Vessels: Sorcery, Maladies and Dream Feasts in Prehispanic Art », The PARI Journal 20, 2020, p. 15-28.

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